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Cette année, août a eu le goût des légumes de Joël Thiébault et des framboises du parc cueillies par mon père, le goût de la chakchouka, de la salade de tomates au pain grillé, de la salade de concombre à la vinaigrette de ponzu, et aussi de la ratatouille cuisinée tard dans la nuit sur fond de Q&A de Kishi Bashi et Tetrishead de Zoe Keating (tournant en boucle avec quelques autres morceaux).
Août a eu le goût des jus verts de Pret A Manger, des pizzas corses de Papacionu, une excellente adresse que d'anciens collègues m'ont fait découvrir fin juillet et que j'ai fait découvrir à mon tour à mes collègues, poulet et famille durant les semaines qui ont suivi. J'ai un faible pour la minimaliste mais néanmoins gigantesque Mozzarella (mozzarella, tomate), qui est la plus simple de la carte — les plus simples étant mes préférées.
Et puis, août a aussi eu le goût du chlore, une substance devenue absolument vitale pour moi. Les cafés-petits dej d'après piscine se sont multipliés, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Puis septembre est arrivé, avec le goût des Martini les vendredis soirs entre collègues, et des douceurs offertes lors du goûter géant des 5 ans de la Pâtisserie des Rêves sur les pelouses de Breteuil (merci M. Conticini !). Je débarquais totalement, car j'étais passée à côté des précédentes éditions, et c'est ma sœur qui a pris l'initiative de nous inscrire cette année. Robe rose et cardigan blanc sur le dos, j'ai découvert le stick kouign amann, une bonne surprise — pas gras du tout, mais pas secos non plus —, le riz au lait bien vanillé, les barres de voyage chocolatées, mais j'avoue que j'ai fait l'impasse sur les bonbons.
Septembre a eu aussi le goût de l'entrecôte-frites et de la profiterole géante du 14 juillet, partagés en famille lors d'un repas d'anniversaire. Un moment joyeux et hyper gourmand.

J'ai peu pâtissé cet été, mais j'ai apporté au bureau un banana bread que j'avais déjà fait une ou deux fois, et qui a eu son petit succès — même auprès de moi qui ne raffole pas du tout des gâteaux à la banane, c'est vous dire.


Le banana bread de David Lebovitz
(recette originale ici)


pour un moule à cake d'environ 22 cm de longueur

210 g de farine
1 c.c. de levure chimique
1/2 c.c. de bicarbonate de soude
1/2 c.c. de sel
1/4 c.c. de cannelle moulue (initialement : 1 c.c.)
150 g de cassonade
50 g de beurre fondu
2 œufs
250 g (= 2-3 grosses ou 4-5 petites) bananes très mûres, réduites en purée
125 ml de crème liquide
1/2 c.c. d'extrait de vanille
60 g de pépites de chocolat

Préchauffer le four à 180 °C.
Dans un grand bol, mélanger la farine, la levure, le bicarbonate, le sel, la cannelle et la cassonade.
Dans un autre bol, mélanger le beurre fondu, les œufs, les bananes, la crème et l'extrait de vanille.
Creuser un trou dans les ingrédients secs et y verser les ingrédients liquides.
Mélanger grossièrement, ajouter les pépites de chocolat, mélanger à nouveau (arrêter dès que la farine est entièrement incorporée).
Verser la préparation dans un moule à cake tapissé de papier cuisson.
Enfourner pendant 50 minutes environ (ajuster le temps de cuisson selon son four). Le cake doit être tout juste cuit.
Laisser refroidir avant de démouler et couper en tranches.

(Je vous ai mis la recette comme ça, mais j'ai peut-être remplacé le blanc d'œuf par un petit œuf entier et rallongé un peu le temps de cuisson, j'avoue que j'ai oublié. Mettons cela sur le compte du relâchement estival... Je referai le cake et modifierai la recette si nécessaire.)



L'autre matin, dans le métro, alors que je m'apprêtais à commencer ma lecture, je me suis rendu compte que j'avais oublié mon livre à la maison.
Catastrophe.
Au début, je n'ai pas su quoi faire, habituée que j'étais à bouquiner tout le temps du trajet. Je me suis trouvée bête, à chercher un point où fixer mon regard, à tripoter mon téléphone comme au moins la moitié des gens dans les transports en commun. Ces 30 minutes de manque mais surtout cette angoisse m'ont confirmé que j'avais retrouvé, après tant d'années d'absence, mon vrai moi. Celui qui aimerait passer sa vie à lire, et en position horizontale si possible — et accessoirement, manger et dormir. D'ailleurs, lire, manger et dormir constituent peu ou prou mes seules activités en dehors du travail — et encore, dormir reste contingent.
Je ne parle pas des moments où j'ai fait ma groupie, une fois au Casino de Paris où se produisait un certain Benjamin Biolay — oui, encore ! mais cette fois, je suis sortie du concert en fulminant car Négatif et Brandt Rhapsodie étaient passés à la trappe —, une autre fois en déjeunant avec un génial écrivain-designer-sculpteur qui n'aurait pas à rougir face à Marcel Proust tant ses phrases sont à rallonge — d'aucuns (= mon poulet) trouveront son style indigeste, mais personnellement, je le trouve très drôle. J'espère que mon petit cadeau lui a plu, même si j'ai choisi son opposé syntaxique et stylistique — j'ai visiblement des progrès à faire en matière de choix de cadeaux.

Ces derniers temps, les escapades gourmandes avec les collègues geeks se sont poursuivies avec le même enthousiasme et le même plaisir. Ma réputation de ventre sur pattes est faite, et je pense que rien ne pourra la changer désormais.
Pour ne rien arranger, je suis devenue en quelques semaines addict de Terroirs d'Avenir, que j'avais découvert dans sa version mini grâce à Estérelle il y a deux ans, et qui m'a permis tout récemment de me régaler en pattes de loup, en betteraves chioggia, en faux-filet super tendre — à défaut de côte de bœuf, car elle s'appelle "liste d'attente" — ou en petites soles exquises. Un soir, j'ai improvisé une assiette de filet de veau arrosé d'une crème légèrement poivrée et accompagné de choux de Bruxelles, de carottes et d'endives braisés et légèrement cramés (d'inspiration Septime), et ce fut certainement mon repas le plus réussi du mois de mars.
L'autre réussite récente est sans conteste le gâteau à la pistache que j'ai préparé pour un anniversaire et qui s'inspire d'un fondant aux pistaches et au chocolat vu chez Clea. Seulement, je l'ai réalisé avec la recette du cake à la pistache de Rose Bakery adapté par mon amie Claire. D'ailleurs, il faut que je vous laisse, car je dois en refaire un là tout de suite.

Gâteau pistache et chocolat (inspiré de ce gâteau)


Pour le gâteau à la pistache :
175 g de beurre doux
75 g de pâte de pistache
200 g de sucre blond de canne
zeste d'1 citron
2 c.c. d'extrait de vanille
4 œufs
175 g de poudre d'amande
25 g de poudre de pistache (Claire préconisait 100 g, mais j'ai testé avec 25 g et à mon avis, ça suffit — si vous n'en avez pas, remplacez-la par la même quantité de poudre d'amande, ça marche très bien aussi)
1/2 sachet de levure chimique
50 g de farine
une pincée de sel

Pour la ganache au chocolat noir :
165 g de chocolat noir
100 g de crème liquide

Sortir le beurre pour qu'il ramollisse.

Préchauffer le four à 180 °C.
Battre le beurre et le sucre jusqu'à ce que la consistance devienne crémeuse, puis incorporer la pâte de pistache.
Ajouter le zeste de citron et l'extrait de vanille.
Ajouter les œufs un à un, en mélangeant bien.
Ajouter la poudre d'amande et la poudre de pistache, la farine, la levure et la pincée de sel.
Verser la préparation sur une plaque de four tapissée de papier cuisson.
Enfourner pendant 15 minutes.

Laisser refroidir puis découper en 4 rectangles identiques.
Faire fondre le chocolat avec la crème liquide, mélanger.
Poser un rectangle sur un plat et le tartiner de ganache au chocolat.
Couvrir d'un deuxième carré et recommencer (attention, les carrés sont très très fragiles, donc à manipuler avec une extrême attention).
Sur le dernier rectangle, verser la ganache restante et recouvrir le gâteau.
Laisser reposer quelques heures au frais avant de déguster.

************

Mais voilà, est-ce dû aux mélodies entêtantes de Mogwai, à ces revenants qui me hantent encore... La mélancolie, ma vieille amie, a refait surface. Et l'Islande me paraît encore si loin...



Je n'ai pas vu le temps passer.
Après l'Islande, la vie a vite repris son cours. La piscine, les journées de travail sur le canapé avec l'ordinateur sur les genoux, les cafés, les séances de cinéma... Je suis allée manger des udon chez Sanukiya un nombre incalculable de fois, avec plein d'amis différents, j'ai raconté l'Islande sous toutes les coutures, passé des heures entières chez Kooka Boora. Puis un jour, après la réunion hebdomadaire traditionnelle et le repas à la cantine (une salle grandiose qui fait face à l'Opéra), il a fallu dire au revoir aux collègues, non sans un petit pincement au cœur.
Une page se tournait à nouveau.

Pour (re-)fêter cela, je me suis fait plaisir en retournant chez Septime. Ce fut, une fois de plus, un festin. Je ne trouve pas les mots tant la cuisine de Bertrand Grébaut touche au sublime. Prenez cette assiette de bonite, comment ne pas être ému devant tant de beauté et de délicatesse ? Comment ne pas l'être doublement quand ces saveurs s'accordent avec une telle harmonie ? Pour continuer à être éblouie encore et encore, je forme le vœu que Septime ait une belle et longue vie.

La mienne, de vie, a pris une nouvelle tournure le 1er août 2012. Munie d'un joli mug pour le thé, et un autre pour le café, de bonbons suisses au sureau, de digestives, de biscuits fourrés au chocolat et d'une boîte des meilleurs shortbreads qui soient, j'ai repris le chemin du travail, et pas n'importe lequel : celui dont j'ai toujours rêvé. Celui qui me permet de vivre d'une passion (la linguistique), dans un quartier adoré (j'ai encore du mal à réaliser que je peux aller au Lafayette Gourmet ou chez Landemaine TOUS les jours si je veux), et dans un environnement multilingue (je ne me remets pas du bonheur de pouvoir pratiquer deux langues étrangères TOUS les jours ; du moins en théorie, parce qu'en pratique, mon anglais est terriblement rouillé ; et mon allemand aussi, pour dire la vérité).
Pour respecter la coutume, il a fallu organiser un "pot d'arrivée" : l'occasion idéale d'apporter plein de gâteaux faits maison. L'occasion de valider définitivement ces brownies découverts chez David Lebovitz, et que je fais inlassablement depuis des mois. Il n'en est pas resté une miette (il y eut aussi des amaretti et une tarte aux abricots et aux amandes qui fut sans doute my best tart ever).

Brownies sans gluten de David Lebovitz (recette originale ici)


pour un moule rectangulaire de 20 x 30 cm

125 g de beurre doux
335 g de chocolat noir
160 g de sucre blond de canne
3 œufs
1,5 c.s. de cacao en poudre non sucré (style Van Houten)
45 g de maïzena
150 g de noix de pécan/noisettes/amandes concassées (facultatif, pas mis)

Préchauffer le four à 180 °C.
Dans un grand saladier, faire fondre le chocolat et le beurre (bain-marie ou micro-ondes).
Pendant ce temps, tapisser un moule rectangulaire de papier cuisson.
Une fois le mélange beurre-chocolat fondu, ajouter le sucre et mélanger.
Ajouter les œufs un à un, en mélangeant bien entre chaque.
Ajouter le cacao et la maïzena (tamisés ou non) et — c'est là le point crucial de la recette — mélanger vigoureusement pendant au moins une minute : l'appareil, au départ granuleux, doit devenir lisse. N'hésitez pas à bien bien mélanger, car si vous sautez cette étape, vous obtiendrez des brownies qui s'effriteront — c'est ce qui m'est arrivé un jour où j'ai oublié cette consigne.
Verser l'appareil dans le moule et enfourner pendant 30 minutes environ. Une pointe de couteau doit ressortir quasi sèche.
Laisser refroidir et mettre au frais pendant plusieurs heures.
Sortir du frigo environ une heure avant dégustation.

Voilà comment l'oisiveté estivale, la mélancolie et les questionnements habituels ont laissé place à des journées plus que remplies (et harassantes). Je n'ai pas encore trouvé le temps de retourner au cinéma (le dernier film que j'ai vu, sur les conseils de Camille, c'est une histoire d'amour et d'attente interminable de l'être aimé, tourné dans un noir et blanc magnifique), mais de nouvelles habitudes s'installent : les longues séances de lecture durant les trajets quotidiens en métro, les innombrables visites au Pret A Manger de l'avenue de France, où les sandwiches et le personnel sont exquis (si vous aviez pu assister à la discussion que j'ai eue avec un serveur qui a vécu à Reykjavík et parle islandais), les soirées Downton Abbey (qui font suite aux cinq saisons de Mad Men, avalées en quelques mois), les apéros de Pata Negra, les soirées pique-niques burger-frites du Camion qui fume sur les marches de la BnF, face à la Seine (lors d'une de ces soirées, j'ai croisé avec joie une amie thésarde également amoureuse des bonnes choses).

Enfin voilà, une nouvelle vie commence.


G. m'avait dit que c'était la meilleure crêperie de l'île.
La première fois, nous y avons atterri un peu par hasard, au terme d'une longue marche sous le soleil entre Goulphar et Bangor. Le restaurant était fermé, mais nous n'avons pu nous empêcher de nous poser un moment à l'ombre de la terrasse, harassés par la fatigue et la chaleur inattendue de ce jour-là.
Le lendemain, nous y étions pour déjeuner, avant l'arrivée de la pluie et des bourrasques. Installés à une table sous le figuier. La seule entorse faite à ma psychorigidité fut d'adjoindre un peu de coulis de tomate — maison, m'a-t-on précisé — à mon immuable galette complète. Centre souple et moelleux, bords croustillants, pliage simple laissant voir tous les ingrédients, harmonie parfaite... J'aurais pu en prendre une deuxième tant il est rare d'en manger d'aussi réussies. Sachez que les crêpes et galettes sucrées sont à l'avenant.
Le dernier jour, parce que c'était le dernier jour, parce que paumés dans la lande de Borderune autour de midi, nous avions quasiment perdu tout espoir de choper le Taol Mor au carrefour de l'Apothicairerie, mais qu'un vieux couple nantais rencontré par hasard avait accepté de nous emmener à Bangor dans sa voiture de location et que, finalement, nous étions arrivés in extremis pour déjeuner chez Renée, de joie, je pris deux crêpes au chocolat pour le dessert, après la complète-tomate de rigueur.

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Parmi les choses hautement salivantes dont G. m'avait parlé, il y avait des viandes de Belle-Île cuites dans la cheminée, des filets de sardines marinées, des poissons ultra frais... à déguster au Goéland, dans une "ambiance pub british" (sic). L'évocation de l'entrecôte grillée au feu de bois et des frites maison m'avait alléchée — vous connaissez, je crois, depuis le temps, mon goût immodéré pour la viande de bœuf grillée — et je ne fus pas déçue : l'entrecôte avait une saveur intense, incroyable, due au feu de bois. J'étais aux anges.
Si j'avais une critique à formuler, je dirais juste que j'aurais aimé avoir un peu moins de salade et un peu plus de frites — délicieuses elles aussi, même si les frites De Clercq, au blanc de bœuf, sont meilleures... mais je chipote.

Tout ce teasing et cette attente pour un steak frites, oui.

Un autre jour, je goûtai l'assiette de "charcuterie" de la mer, une entrée pour deux qui me fit office de plat principal : filets de sardines et lisettes crues marinées, tartare de saumon et de bar (si mes souvenirs sont bons), rillettes de maquereaux, le tout servi avec du pain grillé.
Comme un festival de poissons dans l'assiette.

(message personnel : G., c'était ça, le dessin "raté")

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Il y eut aussi, en plus des pique-niques sauvages dans nos chambres d'hôtel successives, un vrai pique-nique en plein air, et quel air ! Le grand air de la Pointe du Skeul. Seuls, au milieu des rochers et de l'océan.
Après avoir posé nos bicyclettes, nous avons déballé très soigneusement nos vivres, en prenant garde qu'aucun papier ne s'envole : pain "vitalité", émietté de thon à l'escabèche, tomates cerises et pommes du marché, kouign amann (non mangé finalement). Et nous avons savouré ce repas en regardant les vagues, l'océan presque turquoise au loin, les rochers tachés de jaune par endroits.
Ce n'est pas tant le repas, relativement frugal, que le moment qui nous a enchantés et qui est imprimé dans notre mémoire.


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Enfin, je ne résiste pas au bonheur de vous annoncer, si vous ne le savez pas encore, que Henri Le Roux — mon chocolatier préféré depuis qu'une amie, qui s'y connaît en bons chocolats, a eu la merveilleuse idée de glisser une mini-tablette de Colombie dans une enveloppe en kraft et de me l'envoyer par la Poste — que mon chocolatier préféré, donc, va ouvrir une boutique à Paris au mois de décembre. Lorsque la vendeuse de la boutique de Quiberon m'a fait part de cette nouvelle, j'en ai bondi de joie. Je suis repartie avec moults Colombie et CBS®, et un sourire jusqu'aux oreilles. Vous pouvez être sûrs que j'y serai le jour de l'ouverture — en plus, ça tombe bien, c'est tout près de Cosi et Grom.


Crêperie Chez Renée
21, rue Sarah Bernhardt
56360 Bangor - Belle-Île-en-Mer
02 97 31 52 87
Ouvert du 1er avril au 30 septembre & pendant les vacances scolaires

Le Goéland
3, quai Vauban, quai de l'Yser
56360 Le Palais - Belle-Île-en-Mer
02 97 31 81 26
Ouvert de mars à fin novembre & pendant les vacances de décembre

Henri Le Roux (Quiberon)
18, rue de Port-Maria
56170 Quiberon
02 97 50 06 83
Ouvert du mardi au samedi, de 10h à 12h15 et de 14h à 19h

Henri Le Roux (Paris)
1, rue de Bourbon le Château
75006 Paris
(ouverture le 1er décembre 2011)


P. S. : En fait, j'aurais pu ajouter à cette petite sélection les fabuleuses langoustines dégustées à la terrasse du Café Clara, mais bon, vous les avez déjà vues.



Finalement, je me retrouve un peu plus tôt que prévu sur mon canapé. En grignotant non pas des butterballs, mais des canelés et des bredele offerts par de chouettes coupines (merci !).




Et avec en bande-son non pas Benjamin Biolay tout seul, mais une sélection musicale envoyée par une autre chouette coupine (merci !), et qui a rendu mon poulet vert de jalousie : il s'est empressé de me concocter à son tour une playlist afin de regagner sa suprématie en matière de musique. Je peux vous dire que j'ai de quoi écouter pendant un bout de temps. Les voix d'Antony Hegarty et de Natalie Merchant me transportent... et celle de Michel Aumont récitant Rilke fait chavirer mon cœur à chaque écoute.

Ces temps-ci, il y eut plusieurs Cheesy English (roastbeef, cheddar & mayonnaise) chez Cosi, suivis de glaces Grom (la dernière fois, c'était en sortant d'une séance de Another Year, un peu déprimant), des pauses déjeuners et un goûter chez Rose Bakery, et pas mal de repas coréens.
Et puis, pour le premier petit déjeuner de l'année, un beignet azuki & kinako, découvert par hasard chez Aki (ça change du Nut-Nut).



L'année 2010 s'est close sur des déceptions, des désillusions et un goût très amer (si j'avais su à quel point le titre du précédent billet était prémonitoire). Pour faire passer ça, il a fallu BEAUCOUP de foie gras... et encore plus de chocolat.

Pour le foie gras, j'ai testé la cuisson au sel, qui a provoqué des réactions assez mitigées lors du réveillon de Noël : beaucoup ont adoré mais d'autres ont détesté (notamment ma grande sœur, qui n'a pas aimé sa consistance de "beurre" — sic). C'est vrai qu'il est plus gras et fondant que le foie gras cuit par la chaleur...
Pour le 31 décembre, j'ai donc choisi une autre version, le foie gras à la vapeur, qui lui, en revanche, a fait l'unanimité : tout le monde l'a adoré. Recette définitivement adoptée !

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Foie gras à la vapeur (recette trouvée chez Manue)


1 foie gras de 400 g environ, déveiné
2 c.c. de sel fin
1 c.c. de poivre noir moulu
2 c.s. de cognac

Laisser le foie à température ambiante pendant une demi-heure.
Dans une assiette creuse, mélanger le sel, le poivre et le cognac.
Poser le foie dans l'assiette et l'oindre de ce mélange.
Le laisser macérer 8 à 12 heures au frais.

Au bout du temps de macération, emballer le foie dans du film transparent en serrant bien et en formant un boudin. Percer le film pour enlever les bulles d'air, puis emballer le boudin dans une seconde feuille de film alimentaire. On peut faire des nœuds aux extrémités.
Emballer le tout dans deux épaisseurs de papier aluminium en serrant bien les extrémités, et faire cuire dans un panier vapeur entre 15 et 17 minutes. Penser à retourner le boudin à mi-cuisson.
Quand le foie est cuit, le laisser refroidir sans l'ouvrir, et le laisser reposer 4-5 jours au réfrigérateur (pas moins de 3 jours, c'est un minimum).


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Quant au chocolat, j'ai eu la chance de me voir offrir une boîte de chocolats venant d'une petite pâtisserie-chocolaterie exclusivement tenue par des Japonais : La Petite Rose. Après avoir succombé aux ganaches intenses et aux irrésistibles pralinés feuilletés, je n'ai pas pu m'empêcher de m'y rendre moi-même lors d'une pause déjeuner afin de me refaire une provision de ces exquises drogues.


Enfin, toujours côté chocolat, une découverte qui a bouleversé ma vie : des biscuits craquelés au chocolat à la texture parfaite. Moelleux et chewy, ce sont les meilleurs biscuits de l'univers (nettement meilleurs que les cookies — dont j'essaie d'améliorer la recette —, voire les amaretti). J'en ai fait deux fournées en deux jours.
(Message personnel : Claire, je ne comprends pas ce qui a pu se passer de travers quand tu les as faits, mais je t'assure qu'ils sont délicieux !)

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Chocolate crinkles (biscuits craquelés au chocolat)
(recette trouvée sur Le Pétrin, merci Sandra !)


pour environ 30 biscuits

40 g de chocolat noir
20 g d'huile neutre (tournesol, colza ou mélange d'huiles)
1 (petite) c.c. de café soluble type Nes (imperceptible au goût)
40 g de cassonade (initialement : 60 g)
1 c.s. de sucre vanillé (ou un sachet)
2 c.s. de golden syrup (ou sirop de glucose ou miel léger) (initialement : 3 c.s.)
2 blancs d'œufs
140 g de farine
80 g de sucre glace
30 g de cacao en poudre non sucré (Van Houten)
1 1/4 c.c. de levure chimique
1 grosse pincée de sel
50 g de sucre glace pour l'enrobage

Faire fondre le chocolat selon sa méthode préférée (casserole, bain-marie, micro-ondes...), y ajouter l'huile et mélanger.
Ajouter le café soluble et mélanger (hors du feu).
Laisser tiédir quelques minutes, puis ajouter la cassonade, le golden syrup et le sucre vanillé. Mélanger avec une cuillère, juste assez pour incorporer les sucres.
Verser les blancs et les incorporer en mélangeant vigoureusement : l'appareil devient visqueux et forme des paquets qu'il faut écraser avec le dos de la cuillère jusqu'à obtenir une pâte lisse et homogène.
Tamiser la farine, le sucre glace, le cacao et la levure au-dessus d'un grand bol et transvaser dans la pâte chocolatée. Incorporer petit à petit avec une cuillère : au départ, le mélange est très sableux et donne l'impression de ne pouvoir s'agglomérer. Continuer à mélanger en grattant parois et fond jusqu'à disparition complète des traces du mélange sec et formation d'une pâte épaisse homogène.
Couvrir avec un film alimentaire et placer au réfrigérateur environ 2h (la pâte peut également être congelée dans un sac hermétique : laisser décongeler au frais la nuit précédant la cuisson — mais le résultat est moins bien).

Préchauffer le four à 180 °C.
Recouvrir une ou deux plaques de cuisson de papier sulfurisé.
Verser le sucre glace d'enrobage dans une assiette creuse ou un grand bol.
Prélever l'équivalent d'une c.s. de pâte par biscuit et façonner en boule de 3-4 cm de diamètre.
Plonger les boules dans le sucre glace et les enrober généreusement, puis les disposer sur les plaques de cuisson en veillant à les espacer d'au moins 5 cm (important !). Les aplatir légèrement.
Enfourner et cuire 8-9 minutes (à vous de voir selon votre four), le temps que la surface des biscuits se craquèle et soit tout juste cuite.
Laisser tiédir 2 minutes sur la plaque avant de transvaser les biscuits avec une spatule sur une grille jusqu'à complet refroidissement.

Remarque : ces photos ont été prises lors de la seconde fournée, les biscuits sont un peu épais. J'ai préféré la première fournée, qui a fait des biscuits plus plats et plus chewy (parce que je les ai plus aplatis avant cuisson et que j'ai laissé reposer la pâte moins longtemps — à peine 2h).



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Pour clore ce long billet de n'importe quoi totalement décousu, un petit cadeau pour la nouvelle année : un calendrier maison avec des illustrations de mon cru, que vous pouvez soit imprimer, soit utiliser comme fond d'écran (si c'est pas mégalo...). Vous pouvez aussi ne rien en faire, évidemment.













Souhaitez-moi de ne pas passer toute l'année sur mon canapé, et portez-vous bien.


Panne sèche.
Je voulais vous parler de l'éblouissement et du choc ressentis en voyant Des hommes et des dieux un soir pluvieux de décembre, après le travail. Mais je me rends compte que les mots, enfin mes mots à moi, ne suffiront pas.
Le quotidien initié il y a un an touche bientôt à sa fin. Je ne sais pas bien à quoi ressembleront mes journées dans trois semaines... Probablement que je les passerai allongée sur le canapé, à regarder le plafond en écoutant Benjamin Biolay et en boulottant des butterballs.
Non, en vérité, j'aurais bien mieux à faire : préparer notre périple en Thaïlande, qui approche à grands pas. Cela m'évitera de verser des torrents de larmes en repensant aux tea times avec les collègues ; aux chouettes cantines qu'étaient Rose Bakery, Zen, Les Pâtes Vivantes ou Shin Jung ; aux viennoiseries revisitées du Café Pouchkine qui constituaient parfois mon petit déjeuner — tardif — au bureau (figurez-vous que le pain au chocolat est énorme et qu'il n'a pas juste deux pauvres barres de choco : quasiment tout l'intérieur en est tapissé) ; à mes nouveaux amis les bouchers de la rue Blanche, très gentils et très causants, et visiblement ravis de voir que la jeunesse — c'est moi — se met aux fourneaux (leur viande de bœuf est de super qualité) ; au libraire de la rue de Clichy, jamais en manque de bons conseils de lecture : Rosa Candida, c'est lui, et Chârulatâ aussi (et Purge sera sans doute le prochain de la liste).

"Avant que j'aie pu m'en rendre compte, je viens de lui demander s'il connaissait quelques recettes.
'Pas trop compliquées, dis-je, parce que je n'ai pas beaucoup d'expérience.' Puis je lui raconte que j'ai préparé du veau à la sauce au vin rouge la veille, que ça a bien marché et que j'aurai encore du veau ce soir. Après cela, il faudrait que je change un peu.

Si ma démarche prend l'abbé au dépourvu, il n'en laisse rien paraître. Il me dit ne jamais faire la cuisine lui-même, mais il lui vient à l'esprit quelques films que j'aurais intérêt à voir. S'il devait nommer ceux auxquels il pense en premier, il citerait
la Grande Bouffe, le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant — ce qui est assurément non-conformiste et peut-être pas adéquat dans ce contexte. Mange Bois Homme Femme, Chocolat, le Festin de Babette, Cœurs marinés, Chungking Express et In the Mood for Love, dit-il en s'excusant pour la traduction approximative des titres, faite de mémoire." (Rosa Candida, p.237)


"Elle creusa ainsi un souterrain sous ses occupations ménagères, sous toutes ses occupations, et y édifia un temple de chagrin, décoré de guirlandes et de larmes, au plus profond d'une obscurité silencieuse et impénétrable. Là, ni son époux ni personne au monde n'exerçait la moindre autorité. Cet endroit si petit était le plus secret, le plus profond et le plus aimé. Elle abandonnait à sa porte le personnage qu'elle jouait dans son foyer et y pénétrait dans la nudité la plus vraie de son être. Puis, quand elle en sortait, elle remettait un masque pour se présenter sur la scène de la comédie et des rites du monde."
(Chârulatâ, p.93)

Mais avant l'oisiveté et les larmes, puis la Thaïlande, il y a décembre et tout son cortège de gourmandises. Je distribue à droite à gauche — et confie aux bons soins de la Poste — de petites (ou grandes) boîtes de Weihnachtskekse, auxquels j'ai ajouté cette année une variété de bredele trouvée chez Loukoum°°°, juste déments, ainsi que les amaretti de Nilufer, qui ont eu un succès fou, notamment au bureau (mais on n'embauche pas les gens parce qu'ils réussissent à merveille les amaretti, sinon ça se saurait).


Bredele chocolatées sans cuisson de Thierry Kappler
(recette trouvée chez Loukoum°°°)


pour 45 pièces environ

250 g d'amandes en poudre (ici : des amandes mondées)
120 g de chocolat noir
150 g de sucre semoule (ici : du sucre blond de canne)
3 c.s. de kirsch
3 c.s. d'eau

Hacher finement le chocolat.
Dans un grand bol, mélanger le sucre et les amandes, ajouter le chocolat, puis l'eau et le kirsch.
Saupoudrer le plan de travail de sucre semoule, y étaler la préparation en une abaisse de 4 mm d'épaisseur (ici : presque 1 cm) et découper des bredele à l'aide d'un emporte-pièces.
Déposer les bredele sur une grille et laisser sécher une douzaine d'heures, conserver ensuite dans une boîte métallique.



Quant aux amaretti, je sais bien que j'aurais pu trouver ma recette à peu près n'importe où, mais ce sont les photos de Nilufer qui m'ont donné envie d'en faire... Et ces amaretti-là ont fait un vrai carton, alors je reprends sa recette.

Les amaretti de Nilufer (recette originale ici)


pour 20 amaretti environ

2 blancs d'œufs
1 pincée de sel
175 g d'amandes en poudre
50 g de farine
150 g de sucre en poudre
2 gouttes d'extrait d'amande amère
sucre glace pour enrober

Préchauffer le four à 180 °C.
Dans un saladier, fouetter les blancs avec une pincée de sel.
Dès qu'ils commencent à prendre, verser doucement le sucre afin de former un appareil à meringue.
Lorsque ce dernier est bien lisse et brillant, incorporer la farine et les amandes en poudre en mélangeant délicatement à l'aide d'une maryse jusqu'à ce que le mélange soit homogène.
Ajouter l'extrait d'amande amère.
Mélanger à nouveau en soulevant la masse.
À l'aide d'une cuillère à café, former des petites boules de pâte.
Rouler les petites boules dans un bol rempli de sucre glace, les passer d'une main à l'autre pour retirer l'excédent de sucre, et les disposer au fur et à mesure sur une plaque recouverte de papier sulfurisé, en les espaçant de 2 cm les unes des autres et en les aplatissant légèrement.
Enfourner pendant 10 min à 180 °C ; les amaretti vont se colorer légèrement.
Les biscuits doivent être croquants à l'extérieur et moelleux à l'intérieur.
Ils se conservent très bien dans une boîte hermétique.


Et puis je vous rappelle que vous pouvez trouver les recettes de Weihnachtskekse (biscuits de Noël) ici.

Joyeux Noël et bon foie gras !



Tout a commencé par une déception. Un repas dont j'attendais beaucoup. Trop même.
Sur le papier, l'adresse était alléchante : un restaurant "de feu", où l'on fait cuire la viande dans une cheminée. De la côte de bœuf grillée au feu de bois, comme une promesse d'extase gustative. Las ! La viande était dure et sans saveur, la portion de pommes sautées pour deux un peu chiche, et le lieu trop touristique pour être authentique. Une réputation surfaite, si vous voulez mon avis.
Heureusement, Pozzetto n'étant pas loin, nous avons fini notre repas sur un pot de glace pistache pour lui, et gianduja-fiordilatte (encore) pour moi, dégustés sur un banc de la place au bout de la rue du Bourg Tibourg.
Mais nous ne pouvions pas en rester là.

En tout début de semaine, une rencontre fortuite avec un billet de cinquante sur le chemin du bureau (on eût dit une scène de film : je vois le billet à mes pieds et m'apprête à le ramasser, mais une bourrasque l'emporte sur la chaussée. J'hésite à lui courir après — la cupidité, c'est mal... Le billet poursuit sa route, puis finit par se nicher derrière la roue arrière d'une voiture. Personne d'autre ne l'a vu. Je traverse la rue et me baisse pour le ramasser : il est à moi !) hâta un peu les choses : après m'être offert un dolsot bibimbap chez Shin Jung, qui me réchauffa bien les os en ce jour de déluge, je décidai d'inviter mon poulet au Grand Pan.
Nous ne fûmes pas déçus.

Installés dans la deuxième salle, nous avions vue sur l'arrière du bar et les jolies ombres des verres et bouteilles.
En entrée, nous avons choisi de partager un plat (et pourquoi pas ?) : des noix de Saint-Jacques d'Erquy à la plancha, fraîches, dodues, dorées, accompagnées d'une petite cocotte de légumes incroyablement savoureux. Miam.



Puis la côte de bœuf arriva sur la table, avec ses frites au couteau, épaisses comme je les aime, et du mesclun de chez Annie Bertin (je dois dire que la première fois que j'ai entendu son nom, ça m'a fait bizarre). On nous donna des assiettes chaudes (!) pour déguster tout cela. Que dire sinon que la viande est bien goûteuse, tendre et pas trop grasse, les tiges d'oignon émincées et le filet de sauce brune ajoutant encore plus de saveur. Elle fut dégustée, engloutie, avec délectation.
Pour clore ce repas jubilatoire, un dessert partagé : crumble pomme-coing et noix caramélisées, crousti-fondant (dans lequel nous avons pu identifier noisettes, noix de macadamia et pistaches dans la croûte). Tellement bon que nous aurions pu en prendre un chacun, tout compte fait.
Et parce que l'échine de porc Ibaïona confite, le filet mignon de veau façon Rossini ou le gros pavé de grondin à la plancha - jus aux coquillages sont hautement tentants, nous ne tarderons pas à réserver de nouveau une table. Sachez qu'il y a également une carte de gibiers bien fournie et que le service est des plus attentionnés. Courez-y ! (ainsi, vous pourrez goûter à l'huître boudeuse de chez David Hervé et me dire de quoi il s'agit)

Le Grand Pan
20, rue Rosenwald
75015 Paris
Bus 62, 89, 95 arrêt Brancion,
ou M° Plaisance (ligne 13) mais c'est plus loin
01 42 50 02 50
Ouvert du lundi au vendredi


La semaine dernière, mon sort fut scellé. On me confirma ce que je devinais déjà : il n'y aurait pas de suite, pas de contrat supplémentaire. Les trois lettres magiques, ce serait ailleurs, plus tard. Ce soir-là, je suis partie avec la gorge serrée ; Jay Jay Johanson, Morrissey, Gaëtan Roussel et quelques autres m'ont tenu compagnie sur le trajet. Je me suis demandé quand ma vie se stabiliserait enfin, quand cesserait cette incertitude du lendemain... (Mais je n'ai pas dit mon dernier mot.)
Ce même jour, j'appris d'autres nouvelles, plus réjouissantes. Une sélection à un concours, quelques lignes dans un magazine. Rien d'extraordinaire, somme toute, mais il ne faut pas se mentir, un peu de reconnaissance fait toujours plaisir.
Quand je pense que le blog fut bricolé en catimini et longtemps ressenti comme une activité un peu honteuse et inavouable (poster des recettes de cuisine en racontant sa vie et ses états d'âme — Éric —, au lieu de concentrer ses efforts sur sa thèse, ce n'est pas très glorieux), je me dis que de l'eau a coulé sous les ponts depuis, et que finalement, ce n'est pas si nul. Alors, même si les journées raccourcissent, que le ciel se fait toujours plus sombre, que les averses sont quotidiennes ces temps-ci, je préfère penser à la splendeur des tapis de feuilles de ginkgo dorées de la place de Dublin, aux arbres presque nus qui, avec leurs quelques feuilles restantes, ressemblent à des mobiles frêles et délicats, à la lueur rosée du crépuscule, à la Tour Eiffel qui scintille au loin quand j'attends mon bus le soir. À toutes ces choses qui arrivent à ce moment précis de l'année.
Comment pourrais-je donc abhorrer une saison qui se montre si clémente avec moi ?
En plus, j'ai réussi, tout récemment, le meilleur de mes fondants au chocolat (pour un dîner en tête-à-tête avec ma Crevette), et ajouté un gâteau magnifique, irrésistible, à mon répertoire. Me croirez-vous si je vous dis que j'en ai mangé le tiers à moi toute seule, le même jour (avant ET après la séance de 14h40 de The Social Network) ?

Gâteau amandes, noix & chocolat un peu comme au River Café
(déniché ici, merci Zorra)


pour un moule de 20 cm de diamètre

150 g de beurre doux ramolli
150 g de sucre vanillé
1 gousse de vanille réduite en poudre
150 g d'amandes en poudre
2 œufs
40 g de farine
une pincée de levure chimique
80 g de cerneaux de noix concassés
5 cl d'amaretto (ici : du marsala - c'est tout ce que j'avais)

Pour le glaçage :
100 g de chocolat noir
20 g de beurre


Préchauffer le four à 160 °C.
Mélanger le beurre et le sucre.
Ajouter les amandes et la vanille en poudre.
Incorporer les œufs un à un, en mélangeant bien à chaque fois.
Ajouter les noix concassées, la farine et la levure, mélanger.
Ajouter enfin l'amaretto.
Verser dans un moule recouvert de papier cuisson et enfourner 1 heure à 160 °C.

Une fois que le gâteau est cuit, préparer le glaçage : faire fondre le chocolat et le beurre (au micro-ondes ou au bain-marie).
Recouvrir le gâteau du glaçage et égaliser avec une grande spatule (ou le côté non tranchant d'un long couteau).
Laisser refroidir.


J'ai beaucoup profité des dernières belles tomates le mois dernier, mais il me paraissait indécent de publier une recette à la tomate en plein mois de novembre (déjà que je vous ai fait le coup avec des aubergines l'année dernière).